L’assurance immobilière recouvre deux réalités distinctes que les propriétaires confondent souvent : l’assurance habitation, qui protège le logement et son contenu, et l’assurance emprunteur, qui couvre le remboursement du crédit. Chacune répond à des obligations légales différentes, à des mécanismes d’indemnisation propres et à des pièges contractuels que la seule lecture des plaquettes commerciales ne suffit pas à identifier.
Surprime catastrophes naturelles : ce qui change depuis janvier 2025
Depuis le 1er janvier 2025, la surprime dédiée aux catastrophes naturelles est fixée à 20 % des primes hors taxes pour les contrats conclus ou renouvelés à compter de cette date. Ce relèvement, appliqué uniformément, renchérit le coût global de l’assurance habitation, y compris pour les logements situés dans des zones faiblement exposées.
Cette hausse mécanique n’est pas liée au niveau de garanties choisi par l’assuré. Elle s’applique aussi bien aux contrats multirisques qu’aux formules de base, ce qui réduit la marge de manoeuvre tarifaire lors d’une comparaison entre assureurs.
Un point de vigilance concerne la distinction entre sinistres climatiques. Un incendie de forêt qui atteint un logement relève en principe de la garantie incendie du contrat habitation, pas du régime catastrophes naturelles. Ce dernier couvre uniquement les dommages provoqués par un phénomène naturel d’intensité anormale reconnu par arrêté interministériel. La procédure d’indemnisation et les délais diffèrent selon le régime applicable, et une erreur de déclaration peut retarder la prise en charge de plusieurs mois.
Pour comparer efficacement les offres sur ce terrain, l’assurance proposée par Immogenius permet d’accéder à une grille de lecture structurée des garanties habitation, incluant ce poste de surprime souvent noyé dans les conditions générales.

Résiliation après sinistre : des pratiques d’assureurs sous surveillance
Un contrat d’assurance habitation peut être résilié par l’assureur après un sinistre. La pratique est légale, mais une enquête menée auprès de quatorze organismes a révélé des dérives préoccupantes.
Parmi les cas relevés : des résiliations fondées sur des sinistres non responsables, des dégâts des eaux n’ayant donné lieu à aucune indemnisation, ou encore des événements déjà connus par l’assureur au moment de la souscription. Ces situations placent l’assuré dans une position difficile, car trouver un nouvel assureur après une résiliation pour sinistralité peut s’avérer long et coûteux.
Le problème est particulièrement aigu en copropriété. Un dégât des eaux provenant des parties communes ou d’un logement voisin peut être comptabilisé dans le bilan sinistres du copropriétaire touché, alors qu’il n’en est pas à l’origine. Les retours terrain divergent sur la manière dont les assureurs traitent ces cas, et le cadre réglementaire actuel ne tranche pas clairement la question de l’imputation.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
- La clause de résiliation après sinistre : certains contrats prévoient un préavis plus long ou limitent la résiliation aux seuls sinistres responsables, ce qui offre une meilleure protection
- Le mode de comptabilisation des sinistres : vérifier si les sinistres non responsables ou sans indemnisation sont inclus dans le calcul de la sinistralité
- Les conditions de reconduction tacite : un contrat résilié par l’assureur à l’échéance annuelle n’offre pas les mêmes recours qu’une résiliation en cours d’année après sinistre
Assurance emprunteur : le droit à l’oubli et les données de santé
L’assurance emprunteur constitue le second volet de la protection immobilière. Elle garantit le remboursement du crédit en cas de décès, d’invalidité, d’incapacité de travail ou de perte d’emploi. Depuis la loi Lemoine de 2022, tout emprunteur peut changer d’assureur à tout moment, sans frais ni pénalité.
Le questionnaire de santé reste un point sensible. Une omission médicale peut entraîner un refus de garantie lors de la mise en jeu du contrat, même si les cotisations ont été réglées pendant des années. La bonne foi de l’assuré est appréciée au cas par cas, mais la charge de la preuve pèse lourdement sur lui.
Le droit à l’oubli permet de ne pas déclarer certaines pathologies après un délai défini, notamment pour les anciens malades du cancer. Les recours existent lorsqu’un assureur applique une surprime ou une exclusion malgré le respect de ce délai, mais les données disponibles ne permettent pas de conclure sur la fréquence réelle de ces litiges.
Garanties emprunteur à arbitrer selon le profil
Toutes les garanties n’ont pas le même poids selon la situation de l’emprunteur. Le décès et la perte totale et irréversible d’autonomie sont systématiquement exigés par les banques. En revanche, la garantie perte d’emploi reste facultative et souvent assortie de conditions restrictives (délai de carence, durée d’indemnisation plafonnée, exclusion des ruptures conventionnelles).
- L’invalidité permanente totale ou partielle couvre les situations où l’emprunteur ne peut plus exercer son activité professionnelle, avec des seuils de déclenchement variables selon les contrats
- L’incapacité temporaire de travail prend en charge les mensualités pendant un arrêt maladie, mais la définition de l’incapacité varie d’un assureur à l’autre
- La quotité assurée (part du capital couvert par chaque co-emprunteur) mérite un calcul précis : une quotité à 100 % sur chaque tête coûte plus cher mais protège intégralement le co-emprunteur survivant

Contrat groupe ou délégation d’assurance : un écart de taux persistant
La banque propose systématiquement son contrat groupe lors de la signature du prêt. Ce contrat mutualise le risque sur l’ensemble des emprunteurs, ce qui lisse les tarifs mais pénalise les profils jeunes ou non-fumeurs. La délégation d’assurance permet de choisir un contrat externe, souvent à un taux sensiblement inférieur pour ces profils.
L’équivalence de garanties est la condition légale pour que la banque accepte un contrat délégué. Elle compare les garanties du contrat externe avec celles de son contrat groupe à l’aide d’une fiche standardisée. Un refus ne peut être motivé que par une insuffisance de couverture sur les critères listés dans cette fiche.
Le changement d’assureur en cours de prêt reste possible à tout moment grâce à la loi Lemoine. La démarche suppose d’obtenir un nouveau contrat avec des garanties au moins équivalentes, puis d’adresser la demande de substitution à la banque, qui dispose de dix jours ouvrés pour répondre. Un refus doit être motivé par écrit.
Choisir entre contrat groupe et délégation ne se réduit pas à comparer un taux. L’âge, l’état de santé, la durée restante du prêt et le capital restant dû modifient l’intérêt de la bascule. Pour un emprunteur de plus de 50 ans avec un historique médical, le contrat groupe peut rester compétitif. Pour un primo-accédant en bonne santé, la délégation génère une économie significative sur la durée totale du crédit.



