Selon une étude récente, dans 5 pays d’Europe les jeunes musulmans sont les moins attachés à l’identité nationale


Etude scientifique parue dans le  Journal of Cross-Cultural Psychology (Janvier 2018)

traduction Vévé

Religion et identification nationale en Europe: Comparaison avec les jeunes musulmans en Belgique, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, et Suède

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Dans quelle mesure les identités nationales européennes des minorités musulmanes sont-elles inclusives?
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La variation interculturelle dans l’inclusivité?
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Pour répondre à ces questions, nous nous appuyons sur des études à grande échelle :
Enquêtes scolaires auprès de la minorité musulmane, de la majorité non-musulmane et d’autres jeunes de la minorité en cinq pays européens (Enquête longitudinale sur les enfants d’immigrants[EILS]; Belgique, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas et Suède).
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Notre double comparaison de l’identification nationale entre les groupes et les pays révèle que les identités nationales sont moins fortement endossées par les minorités par rapport à la majorité des jeunes, mais l’identification nationale est la plus faible chez les musulmans.
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Cette preuve descriptive fait écho aux préoccupations du public au sujet de l’inclusion insuffisante des minorités immigrées en général, et les musulmans en particulier, dans les identités nationales européennes.
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De plus, les différences notables entre les groupes de pays dans l’identification suggèrent que certaines
identités nationales sont plus inclusives pour les musulmans que les autres.
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Sous l’angle des relations intergroupes concernant l’inclusion des identités nationales pour les musulmans, Nous établissons qu’au-delà de l’engagement religieux, le contact positif entre les groupes (amitié majoritaire) joue un rôle majeur pour expliquer les différences d’identification nationale dans les modèles de médiation multi-groupes à plusieurs niveaux, considérant que les expériences de discrimination à l’école ne contribuent pas à cette explication.
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Nos résultats comparatifs établissent donc des variations contextuelles dans le caractère inclusif des relations intergroupe et des identités nationales européennes pour les minorités musulmanes.
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  • Introduction
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Cet article examine les implications de la diversité religieuse pour les identités nationales européennes en examinant en comparant l’identification nationale des adolescents de la minorité musulmane avec celle de leurs pairs majoritaires (et d’autres minorités) dans cinq pays européens: Belgique, Angleterre, Suisse, Pays-Bas et Suède.
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Dans tous ces pays, les sentiments anti-musulmans font partie de l’opinion publique.
et le discours politique, par exemple, sous la forme du mouvement PEGIDA1, qui construit explicitement le PEGIDA1 l’Islam comme étant en opposition avec la culture de l’Occident.
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Selon les données de l’European Values Study, les préjugés anti-musulmans étaient plus répandus que les préjugés anti-immigrants chez les populations majoritaires européennes déjà avant le 11 septembre 2001, et les résultats de l’enquête du attaques terroristes en Europe (Strabac & Listhaug, 2008).
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De telles attitudes anti-musulmanes peuvent affecter la formation identitaire des minorités musulmanes en Europe. Il n’est donc pas surprenant de constater que, selon les données comparatives de l’Étude comparative internationale sur les jeunes des minorités ethnoculturelles (ICSEY) (Berry et al., 2006), les associations entre l’identité ethnique de la minorité et le pays hôte, le sentiment d’appartenance à l’identité nationale sont principalement négatives chez les jeunes immigrants en Europe, et plus particulièrement parmi les minorités musulmanes.
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Malgré de telles preuves de tensions entre les identités religieuses musulmanes et nationales européennes, il est de plus en plus évident que la mesure dans laquelle ces identités sont compatibles varie considérablement au sein de l’Europe.
Cela s’explique par l’importance des relations intergroupe et la position adoptée par les membres de la majorité envers les minorités « .
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En particulier, la validation de ce que l’on appelle les identités doubles, par exemple, en tant qu’identités britanniques.
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Musulmans, dépend de la reconnaissance et de l’acceptation par les membres du groupe dominant (Hopkins et Greenwood, 2013).
Deux études comparatives récentes (Fleischmann et Phalet, 2016; Kunst, Tajamal, Sam, & Ulleberg, 2012) ont  montré que la mesure dans laquelle l’identité musulmane est négativement liée aux identités nationales européennes varie considérablement d’un pays et d’une ville à l’autre, et comprend des associations positives (par exemple, entre la deuxième génération de musulmans turcs et marocains dans les pays comme Bruxelles), des associations négatives (par exemple, entre échantillons comparables à Amsterdam et Stockholm), et les musulmans adultes en Allemagne), ainsi que des corrélations non significatives (p. ex. entre les groupes de la deuxième génération à Rotterdam et les musulmans adultes en Norvège).
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Fait important, et contrairement aux identités nationales européennes et identités religieuses des musulmans.
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Tant dis que la façon dont les relations intergroupe sont façonnées au niveau local et au niveau national offre plus ou moins de place aux musulmans pour concilier leur identité religieuse avec les identités qu’ils partagent avec leurs concitoyens européens.
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La présente étude élargit cette littérature comparative en étudiant l’identification nationale de jeunes musulmans par rapport à leurs pairs majoritaires (et d’autres minorités) dans cinq pays européens.
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Nous visons à expliquer les différences entre les groupes quant aux niveaux d’identification nationale (a) au sein d’un pays, à partir du niveau d’engagement religieux des adolescents et des relations intergroupes ainsi que (b) de la manière dont les sociétés institutionnalisent la diversité religieuse.
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Notre article s’appuie sur des travaux comparatifs antérieurs dans la littérature institutionnelle sur l’accommodement des musulmans en tant que minorité religieuse, qui a étudié dans quelle mesure et selon quel processus les musulmans ont acquis des droits religieux dans différents pays européens (Fetzer & Soper, 2005).
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Ce n’est que récemment que cette littérature a été en mesure d’inclure également des données individuelles provenant de sources musulmanes dans les pays européens. Bien que pertinent d’un point de vue scientifique et sociétal, un tel travail de comparaison a été limité par le manque de données appropriées qui permettent d’obtenir des résultats optimaux.
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Notre analyse éclaire les cultures européennes et, en particulier, au seins des cultures européennes, le rôle de la diversité religieuse dans les identités nationales européennes, en comparant cinq pays européens.
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Cela nous permet de mettre en lumière les processus communs ainsi que les différences entre les pays en ce qui concerne l’inclusivité des identités nationales pour les minorités musulmanes.
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Diversité religieuse en Europe: Relations intergroupes parmi les jeunes
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Nous abordons la relation entre diversité religieuse et identification nationale en Europe à partir de le point de départ que la religion, comme l’ethnicité ou la nationalité, est une identité sociale (Verkuyten), 2007).
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En tant que tel, il comporte deux aspects: a) la catégorisation en tant que musulman et b) l’attachement à l’identité religieuse islamique.
La première est capturée par l’auto-affiliation religieuse, tandis que la seconde l’est sur la participation à des pratiques religieuses (p. ex., prière et service religieux).
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En ce qui concerne l’identification nationale en Europe, la population majoritaire joue un rôle clé en acceptant de reconnaître les droits des immigrants et de leurs descendants à faire partie de ce groupe.
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C’est ainsi, parce que les Européens conçoivent souvent leur identité nationale en termes ethniques, c’est-à-dire avoir l’ascendance dans le pays est considérée comme une exigence pour être un véritable national (p. ex., Pehrson, Vignoles, et Brown, 2009), et donc les immigrants, qui n’ont pas une longue histoire familiale dans le pays, sont les suivants considérés comme moins représentatifs de la nation.
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Par conséquent, les immigrants affichent des niveaux plus faibles de l’identification nationale que leurs concitoyens non immigrants, mais l’identification nationale augmente avec chaque génération suivante de migrants (De Vroome, Verkuyten, & Martinovic, 2014).
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De plus, des recherches récentes ont identifié une nouvelle dimension culturelle de la citoyenneté en plus des définitions ethniques et civiques de l’identité nationale dans lesquelles le fait d’être chrétien est considéré comme être une exigence pour être un vrai national (Reijerse, Van Acker, Vanbeselaere, Phalet, & Duriez, 2013).
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Une recherche comparative basée sur les données européennes de l’Enquête sociale internationale (ISPP; Kunovich, 2006) montre que l’importance d’être considéré comme chrétien pour être un vrai national varie d’un pays à l’autre, mais augmente avec une part plus importante de musulmans parmi la population.
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Les jeunes d’origine immigrée, et en particulier les musulmans, sont les plus nombreux et les plus nombreux à éprouver des difficultés de minorités religieuses politisées.
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Nous nous attendons donc à ce que le soutien de la jeunesse musulmane à l’identité nationale du pays soit nettement inférieure à celle de leurs pairs majoritaires:
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Hypothèse 1 (H1): Effet négatif principal de l’appartenance musulmane sur l’identification nationale.
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Il peut sembler étrange que les Européens accordent tant d’importance au fait d’être chrétien pour être un véritable membre de leur nation lorsque les pays européens ont connu des niveaux spectaculaires de sécularisation.
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La sécularisation est particulièrement visible dans les pays à l’étude dans la présente recherche, aux yeux de l
dans la mesure où, dans des pays comme les Pays-Bas, une majorité de la population n’est plus affiliée à n’importe quelle religion (Bruce, 2011). Mais bien que la religion ait perdu son rôle pour ce qui est de donner un sens à pour de nombreux Européens, elle n’est pas devenue sans importance. On a plutôt fait valoir qu’elle conserve une signification plus symbolique en tant que partie intégrante du patrimoine national et de l’identité nationale (Storm, 2011).
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Cette « appartenance-croyance » ou forme symbolique de religiosité au sein de la communauté européenne les populations majoritaires contrastent remarquablement avec les niveaux beaucoup plus élevés de religiosité chez les membres des minorités musulmanes, tant en ce qui concerne l’importance déclarée de la religion pour la vie que pour l’avenir la participation à des pratiques telles que l’assistance au service et la prière.
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Celles-ci ne sont pas seulement plus élevées parmi les immigrants adultes (Van Tubergen & Sindradóttir, 2011); également chez les adolescents, jeunes musulmans obtiennent toujours un meilleur score sur toutes les mesures de religiosité que leurs pairs non musulmans (Simsek), Jacob, Fleischmann, & van Tubergen, à paraître).
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Nous examinons donc dans quelle mesure la différence attendue dans les niveaux moyens d’identification nationale entre musulmans et la majorité des jeunes peuvent s’expliquer par l’engagement accru des musulmans envers leur identité religieuse, et nous d’examiner si cette explication s’applique uniquement aux musulmans ou à d’autres minorités.
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Hypothèse 2 (H2): Effet indirect du fait d’être musulman sur l’identification nationale en fonction de l’engagement dans la religion.
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Si l’engagement religieux peut expliquer la différence d’identification nationale entre les minorités et la majorité de la jeunesse musulmane et non musulmane, ce qui suggère que la religiosité en tant que telle, plutôt que l’islam en particulier, est un obstacle à l’identification avec la religion des nations européennes.
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Les différences de religiosité entre les jeunes musulmans et les jeunes de la majorité sont bien documentées et ne varient que peu entre les pays européens (p. ex. Simsek et al., à paraître).
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Nous ne nous attendons donc pas à ce que que l’engagement religieux tiendra pleinement compte des différences d’identification entre les musulmans et de la majorité des jeunes, et pour les différences entre pays.
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Nous avons donc en outre pour but d’expliquer à partir de la façon dont les jeunes vivent les relations intergroupes.
En se basant sur le la notion de menace identitaire (Branscombe, Ellemers, Spears, & Doosje, 1999), et plus particulièrement les menaces potentielles pesant sur l’identité duale (casu, religieuse et nationale) des minorités (Hopkins,2011), nous nous attendons à ce que les identités nationales soient moins accessibles aux musulmans dans les contextes intergroupes là où l’identité des musulmans est la plus menacée.
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Les constatations comparatives antérieures chez les Turcs et les jeunes adultes marocains dans cinq villes européennes montrent en effet que le conflit identitaire (c’est-à-dire un conflit identitaire de l’association négative entre identification religieuse et nationale) s’explique en grande partie par l’expérience des musulmans en matière de discrimination personnelle et les évaluations négatives qui en ont découlé de la discrimination nationale de la majorité (Fleischmann & Phalet, 2016).
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Nous nous attendons à ce que les expériences de discrimination aient une incidence sur l’identification nationale des jeunes de telle sorte que ceux qui ont connu le plus souvent l’inégalité de traitement se sentiront moins un sentiment d’appartenance au groupe national.
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Cette relation est décrite comme un rejet disidentification (Jasinskaja-Lahti, Liebkind, & Solheim, 2009) dans la littérature et a été dans des études antérieures sur les minorités musulmanes en Europe (Fleischmann et Phalet, 2016);Kunst, et al., 2012).
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En plus de la discrimination perçue, nous nous attendons à ce que les relations entre pairs affecte l’identification nationale des adolescents.
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Tous les jeunes de notre étude participent à diverses activités  ce qui implique qu’ils ont des contacts réguliers entre les groupes.
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Pourtant, l’amitié des adolescents et leurs choix ne sont pas seulement influencés par les possibilités de contacts; même dans les écoles diversifiées, les jeunes ont tendance à choisir leurs amis parmi ceux qui leur ressemblent en termes de sexe, d’ethnie, de religion, situation socioéconomique, et ainsi de suite (McPherson, Smith-Lovin et Cook, 2001).
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La composition des réseaux d’amitié des minorités ethniques est liée à leur identification nationale, de telle sorte que ceux qui ont plus d’amis majoritaires s’identifient plus fortement à la nation (Leszczensky,
Stark, Flache et Munniksma, 2016).
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Nous nous attendons donc à ce que les jeunes musulmans avec une plus grande majorité auront des niveaux d’identification nationale plus élevés.
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En outre, parce que les musulmans sont plus ciblés par les préjugés anti-immigrants que d’autres minorités en Europe, nous nous attendons à ce qu’ils perçoivent plus de discrimination dans les écoles et soient relativement moins susceptibles d’avoir la majorité amis.
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La discrimination perçue à l’école et la part des amis majoritaires devraient donc être prises en compte, tenant au moins partiellement compte de l’effet musulman sur l’identification:
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Hypothèse 3 (H3): Effet indirect négatif du fait d’être musulman sur l’identification nationale par la discrimination perçue et le pourcentage d’amis majoritaires.
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La diversité religieuse en Europe: approches institutionnelles
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Au-delà de la variation dans l’identification nationale à l’intérieur des pays, nous examinons si le processus de l’inclusivité des identités nationales diffère également d’un pays à l’autre en fonction de la façon dont les croyances religieuses sont traitées.
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La diversité est institutionnalisée au niveau national.
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Les institutions occupent une place prépondérante parmi les membres des éléments déterminants de la culture (Kroeber & Kluckhohn, 1963) et donc le contexte institutionnel de la diversité religieuse doit être prise en compte pour comprendre les processus d’identification des membres d’une minorité religieuse dans les contextes socioculturels spécifiques fournis par les différentes communautés européennes.
(Markus & Hamedani, 2007).
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Nos cinq pays de comparaison diffèrent dans la façon dont ils ont historiquement institutionnalisé la religion, et cela a par la suite affecté la manière dont ils ont abordé la diversité religieuse résultant des migrations internationales (Fetzer et Soper, 2005).
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En Angleterre, l’islam a été institutionnalisé en s’appuyant sur l’histoire des établissements multiconfessionnels à l’époque coloniale.
Comme Soper et Fetzer (2007) l’ont décrit, les privilèges de l’Église anglicane ont été effectivement utilisés par les religions minoritaires pour revendiquer l’égalité des droits religieux.
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Ainsi, les musulmans britanniques ont obtenu des résultats significatifs et ont développé leurs propres institutions religieuses, notamment dans les domaines de l’éducation.
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Comme l’Angleterre, les Pays-Bas ont une longue histoire de gouvernance des sociétés multireligieuses en tant qu’ancien président de l’empire colonial.
En raison de la « pilierisation » historique (Lijphart, 1968), le pluralisme religieux se caractérise par les relations d’Églises nationales d’État qui ont permis aux catholiques et aux protestants de vivre ensemble en tant qu’Églises catholiques et protestantes sous le même toit national.
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Depuis le début des années 1980, les communautés islamiques jouissent d’un statut formel égal et les communautés néerlandaises jouissent d’un statut officiel.
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Les musulmans ont établi un réseau dense d’associations de mosquées ainsi que des associations islamiques financées par l’État. (Doomernik, 1995).
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En comparaison, la position institutionnelle de l’Islam est la plus défavorisée en Allemagne.
En raison de leur statut formel de personnes morales de droit public, les églises chrétiennes d’Allemagne profitent de l’aide des impôts perçus par l’Etat.
En l’absence d’une structure organisationnelle centralisée des musulmans allemands, les autorités allemandes se sont abstenues d’accorder à l’islam le même statut juridique. (Fetzer et Soper, 2005).
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Par conséquent, les organisations islamiques en Allemagne manquent de reconnaissance juridique par rapport aux églises établies (Doomernik, 1995).
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En Belgique, l’islam a été reconnu comme religion nationale dès 1974. Cependant, pour recevoir le financement public des services religieux qui accompagne cette reconnaissance légale, les communautés musulmanes ont été tenus de mettre en place un conseil islamique représentatif au niveau national, ce qui n’ a pas été réalisé avant le début des années 2000 (Foblets & Overbeeke, 2002).
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En conséquence du retard dans la mise en œuvre de la reconnaissance de l’islam, les structures organisationnelles islamiques sont moins développées dans les pays en développement.
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Enfin, la situation suédoise est quelque peu comparable à celle des Pays-Bas et de la Suède.
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La Belgique, en tant qu’Islam, jouit du même statut juridique que les autres religions, et les organisations islamiques jouissent du même statut juridique, ont droit à un financement de l’État proportionnellement à la taille de leurs membres (Alwall, 2002).
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Cependant, en raison de l’histoire du modèle d’État-église, l’islam occupe une place relativement marginale dans l’histoire de l’islam.
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Le paysage religieux suédois, qui continue d’être dominé par l’Église luthérienne suédoise comptant près de 80 % de la population suédoise comme membres (Alwall, 2002).
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Nous examinerons si ces diverses approches institutionnelles à l’accommodement des droits des minorités religieuses musulmanes sont reflétés dans les différences nationales en matière d’identification nationale des musulmans par rapport à la majorité des jeunes.
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Conformément à nos attentes concernant le rôle de la menace d’identité telle que vécue au niveau individuel pour l’identification nationale des musulmans, nous observons que les musulmans sont acceptés en tant que citoyens tout en respectant leur identité religieuse.
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Inversement, là où l’islam est défavorisé sur le plan institutionnel, les musulmans peuvent être relativement moins nombreux enclins à adopter l’identité nationale.
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Nous nous attendons donc à ce que les différences transnationales dans l’effet de l’appartenance musulmane (comparativement au fait d’être un adolescent appartenant à la majorité) sur l’identification nationale.
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En outre, les différences d’identification nationale entre les jeunes musulmans et les jeunes majoritaires devraient être le plus grand en Allemagne, le plus petit en Angleterre et aux Pays-Bas, avec la Belgique et la Suède entre les deux.
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  • Résultats
L’orientation des associations est conforme à nos attentes:
l’identification nationale est plus forte chez les adolescents qui ont plus d’amis majoritaires et moins nombreux chez ceux qui ont des problèmes de santé mentale, plus de discrimination à l’école et nous constatons des corrélations négatives significatives de l’identification nationale
avec tous les aspects de la religiosité.
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La figure 1 montre les moyens d’identification nationale des trois groupes de participants par pays.
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Dans tous les pays, la majorité des jeunes obtiennent le plus haut score, les moyens indiquant « assez fort » à l’identification nationale est « très forte » et les adolescents issus de minorités ethniques obtiennent des résultats significativement plus faibles.
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Par ailleurs, dans tous les pays sauf en Angleterre, les minorités musulmanes ont à leur tour des niveaux d’identification nationale nettement inférieurs à ceux des minorités musulmanes d’autres adolescents minoritaires (ps < 0,05), en ligne avec notre première hypothèse.
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Dans tous les pays, une plus grande proportion d’amis majoritaires est fortement associés à une plus grande identification nationale, et plus d’expériences discriminatoires vont de pair avec une identification nationale inférieure (la Belgique fait exception: l’association est dans le même sens, mais non significatif).
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De même, des niveaux plus élevés d’engagement religieux vont de pair avec baisse de l’identification nationale.
Ces associations importantes, qui sont cohérentes, sinon égales, entre les cinq pays, font l’objet d’un examen par les pairs long chemin pour expliquer les différences de groupe dans l’identification nationale entre musulmans et majoritaires jeunes.
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Malgré quelques différences d’ampleur, nous observons que dans tous les pays, les plus grands indicateurs indirects de l’effet de l’appartenance musulmane sur l’identification nationale se fait par le biais de la part des amis majoritaires. Malgré les principaux effets significatifs de la discrimination perçue à l’école dans tous les pays sauf en Belgique, l’effet indirect n’atteint pas son importance dans la plupart des pays et, lorsqu’il est significatif, il est de faible ampleur et ne va pas toujours dans le sens escompté.
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Les effets indirects par la religiosité sont un peu plus grandes que celles de la discrimination perçue, mais beaucoup plus petites que celles de l’importance religieuse, ceci explique que l’effet négatif de l’appartenance musulmane sur l’identification nationale est plus forte en Belgique, en Allemagne et en Suède qu’en Angleterre et aux Pays-Bas.
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Les effets directs des médiateurs et les effets indirects négatifs suggèrent que, par rapport à ceux de la majorité, les musulmans obtiennent un score plus faible sur l’identification nationale parce qu’ils fréquentent moins de majorité et ont des niveaux supérieurs d’engagement religieux.
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Groupe important et cohérent
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Les différences sont révélées dans tous les pays pour les amis majoritaires et la religiosité: musulmanes et autres.
Les jeunes de la minorité minoritaire ont beaucoup moins d’amis majoritaires et ils obtiennent des résultats constamment plus élevés sur tous les programmes des mesures de l’engagement religieux que les jeunes majoritaires.
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En ce qui concerne la discrimination perçue à l’école, il n’ y a pas de différences significatives entre la minorité musulmane et les jeunes majoritaires en Angleterre, Allemagne et len Suède, tandis qu’en Belgique et aux Pays-Bas, les musulmans vivent plus de discrimination.
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La combinaison de ces différences avec les principaux effets des médiateurs explique pourquoi les chemins indirects du musulman à travers des amis majoritaires et la religiosité expliquent une une part substantielle de la différence moyenne d’identification nationale entre les musulmans et la majorité.
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Les différences dans la perception de la discrimination ne jouent qu’un rôle mineur.
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Ces résultats confirment notre attente d’un engagement religieux et de relations intergroupes à l’école pouvant expliquer la différence d’identification nationale entre les minorités musulmanes H2 pleinement confirmée, H3 non confirmée pour discrimination mais pour la majorité amis.
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Plus précisément, l’importance de la religion est un médiateur significatif et important, ce qui implique que les jeunes musulmans de la minorité musulmane les plus engagés sont les plus exclus (ou s’excluent) de la communauté des identités nationales européennes.
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En outre, des relations interpersonnelles plus étroites avec les membres de la majorité accompagnent des niveaux plus élevés d’identification nationale, mais sont les moins susceptibles de se produire parmi les pays les plus touchés par le groupe minoritaire stigmatisé.
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Toutefois, nos attentes selon lesquelles des niveaux plus élevés de discrimination perçue à l’école pourraient contribuer à cette explication n’ont été confirmées qu’aux Pays-Bas, et même là, la relation indirecte avait une très petite amplitude.
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Dans les autres pays, les musulmans ne subissaient pas de traitement plus injuste à l’école que les jeunes de la majorité, ou ne subissaient pas directement de traitement discriminatoire sur l’identification nationale n’ a pas pris de signification.
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En ce qui concerne notre deuxième objectif de recherche portant sur la variation des différences entre les pays en ce qui a trait aux différences de groupe dans les domaines suivants nationale, le tableau 3 montre que nos mesures des relations intergroupes et des relations religieuses réussissent à expliquer environ la moitié de la différence entre musulmans et majoritaires dans tous les pays, à l’exception de l’Allemagne, où nous ne pouvons expliquer qu’un tiers du total des effets d’être musulman.
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De plus, en limitant l’effet de l’appartenance musulmane sur l’identification nationale d’être égale dans tous les pays du modèle complet donne lieu à un test de Wald très significatif
(p <. 001), indique que les différences d’identification entre les jeunes musulmans et les jeunes de la majorité continuent de se manifester variant considérablement d’un pays à l’autre.
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Ainsi, en termes d’importance de la différence entre les niveaux d’identification nationale entre les musulmans et la jeunesse majoritaire, la Suède occupe une position intermédiaire entre l’Allemagne
et la Belgique (différence la plus importante) et l’Angleterre et les Pays-Bas (différence la plus faible).
Ce regroupement de pays est lié à la structure des variations transnationales dans l’accommodement institutionnel des droits des minorités islamiques, bien que nous nous attendions à ce que la Belgique soit l’un des pays les plus pauvres du monde, plus proche de la Suède que de l’Allemagne.
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L’Angleterre et les Pays-Bas résonne avec l’idée que l’accommodement moins complet des droits des religieux des minorités entravent l’identification nationale de la plupart des musulmans engagés.
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Enfin, le panneau inférieur du tableau 3 présente les résultats pour les autres jeunes de la minorité, comme le montre déjà la Figure 1, ont montré que l’identification nationale de ces adolescents diffère beaucoup moins (bien qu’encore significativement) de l’identification nationale de la majorité des jeunes.
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Ces différences s’expliquent par des facteurs similaires à ceux de la jeunesse musulmane, mais l’ampleur de l’écart s’explique par les facteurs suivants de ces effets indirects est plus faible que pour les musulmans, et des effets directs plus importants subsistent, malgré des mécanismes similaires touchant les deux groupes minoritaires, donc le pouvoir explicatif de l’intergroupe, les amitiés, la discrimination et l’engagement religieux sont plus importants pour les musulmans que pour les autres minorités.
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D’une part, la constatation d’effets indirects négatifs importants et indirects de l’engagement religieux sur les droits de l’homme.
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L’identification nationale, également chez les non-musulmans, suggère que l’engagement religieux en tant que tel, et non seule la religiosité islamique est problématique pour l’identification nationale en Europe.
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D’un autre côté, le fait que ces effets indirects sont nettement plus importants chez les musulmans souligne que les politiques européennes sur les identités nationales sont particulièrement exclusives envers la plupart des minorités religieuses musulmanes.
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  • Discussion
Cet article a examiné l’identification nationale des adolescents de la minorité musulmane à partir d’une double perspective comparative par âge. l’intérieur des pays, nous avons comparé les musulmans avec les jeunes de la majorité (et d’autres jeunes appartenant à une minorité) et examiné dans quelle mesure les différences d’identification nationale peuvent être expliquée par l’engagement religieux et les relations intergroupes dans le contexte scolaire.
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Entre nous avons comparé l’effet inexpliqué du fait d’être musulman sur l’identification nationale. Nos constatations tirées de modèles multi-groupes à plusieurs niveaux, fondées sur des données d’enquête à grande échelle, documentent des données substantielles de différences d’identification nationale entre les musulmans et leurs pairs majoritaires.
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Après compte tenu de l’engagement religieux et des relations intergroupes, ces différences sont les plus marquées en Allemagne et en Belgique, suivi de la Suède, puis de l’Angleterre et des Pays-Bas.
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De plus, la différence d’identification nationale entre musulmans et jeunes en majorité est significativement plus importante que celle entre les autres jeunes de la minorité et de la majorité dans tous les pays, à l’exception des pays suivants Angleterre.
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Nos constatations comparatives prouvent ainsi le caractère non inclusif de la politique européenne des identités nationales des jeunes des minorités en général, et des musulmans en particulier.
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Ils confirment donc la notion selon laquelle les identités nationales européennes ne sont pas seulement définies en termes d’ascendance ethnique, mais aussi que les aspects culturels, en particulier le fait d’avoir un héritage chrétien, sont une question d’appartenance nationale (Reijerse et al., 2013), également du point de vue des minorités.
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Nous avons soutenu que ce manque d’inclusivité n’est pas enraciné dans un contenu identitaire stable et prétendument aux valeurs incompatibles, mais plutôt constituées dans des contextes socioculturels spécifiques (Markus & Hamedani, 2007). Parce que les jeunes musulmans se distinguent par leur plus grande religiosité dans les milieux sécularisés. (Simsek et al., à paraître), nous avons examiné si la mesure dans laquelle les données sur leur attachement à leur identité religieuse explique pourquoi ils s’identifient moins à la nation.
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Nous avons constaté que c’était le cas dans tous les pays, et plus particulièrement dans ceux où les musulmans se trouvent désavantagées sur le plan institutionnel par rapport aux communautés religieuses établies (Belgique), Allemagne et Suède).
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De plus, sur la base des conclusions antérieures concernant le rôle de la discrimination perçue pour l’identification nationale des musulmans (Fleischmann & Phalet, 2016; Kunst et al., 2012), nous nous attendions à ce que les perceptions de traitements injustes ou hostiles expliquent le niveau plus faible d’identification nationale.
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En effet, et conformément à ces études antérieures, davantage de discrimination a été observée entre les musulmans et les jeunes de la majorité parce que ces groupes ne différaient pas beaucoup dans les niveaux de discrimination perçue à l’école.
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Cela pourrait être dû à la façon dont nous avons mesuré la discrimination, qui pourrait non seulement rendre compte du traitement injuste en raison de l’appartenance religieuse (ou autre) d’une personne à un groupe, mais aussi la maltraitance interpersonnelle, qui peut aussi être fréquente chez la majorité de ces jeunes.
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Enfin, nous nous attendions à ce que le pourcentage d’amis majoritaires expliquent le déficit d’identification nationale de la communauté musulmane en raison de l’association positive entre avoir des amis majoritaires et s’identifier à la nation (Leszczensky et al., 2016).
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En effet, nous avons constaté que la part de la majorité les amis d’être la voie indirecte la plus forte et de contribuer ainsi le plus à l’explication de la différence dans l’identification nationale entre musulmans et jeunes en majorité.
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Cette constatation est liée à des recherches récentes utilisant l’analyse du réseau social qui documentent que la religion est importante pour les adolescents les choix d’amitié, et que la frontière entre musulmans et non-musulmans est des plus saillante (Leszczensky & Pink, 2017; Simsek, van Tubergen, & Fleischmann, sous revue), et il ajoute les conséquences de cette ségrégation pour l’identification nationale.
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Conformément au principe de l’homophilie (McPherson et coll., 2001), les adolescents des deux études préfèrent les membres religieux du groupe en tant qu’amis (les chrétiens sont amis des chrétiens, les musulmans sont amis des musulmans), mais en plus, les musulmans sont plus fortement évités en tant qu’amis par les non-musulmans.
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Des recherches futures sont nécessaires pour trouver ce qui se cache derrière cette frontière religieuse dans les choix d’amitié.
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L’engagement religieux des musulmans ne peut pas être une explication suffisante à cette constatation, car nous estimons que la part des amis majoritaires expliquent pourquoi les musulmans s’identifient moins à la nation tout en prenant un engagement religieux en compte.
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De plus, les deux études de réseau mesurent également la religiosité et établissent encore des liens entre la religion et une frontière importante entre les adolescents musulmans et non musulmans.
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Qu’est-ce qui peut encore expliquer cette solide frontière entre les jeunes musulmans et leurs pairs?
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Des explications supplémentaires sur l’identification nationale des jeunes musulmans pourrait être recherchée au-delà du contexte scolaire, par exemple, dans les attitudes des parents à l’égard des amitiés entre groupes ou des relations intergroupes dans la société plus généralement.
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  • Conclusion
Notre double approche comparative a montré que dans les cinq pays européens à l’étude, l’identité nationale est moins inclusive chez les minorités musulmanes que de la majorité et des autres jeunes des minorités.
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Bien que cette preuve descriptive tienne compte des préoccupations du public au sujet de l’échec de l’intégration des minorités immigrées en général, et les musulmans en particulier, dans les identités nationales européennes, nos observations ont révélé des processus communs qui expliquent pourquoi certains jeunes s’identifient plus fortement à  la nation que les autres.
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Le fait d’avoir plus d’amis majoritaires et d’être moins attachés à la religion facilite un sentiment d’appartenance dans les cinq nations européennes, et parce que les musulmans se distinguent particulièrement des jeunes de la majorité sur les deux indicateurs, on constate qu’ils affichent les niveaux d’identification nationale les plus faibles.
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Les approches les plus inclusives ont été trouvées en Angleterre et au Royaume-Uni.
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Et les approches les moins inclusives au Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique, avec la Suède entre les deux.
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Des recherches futures peuvent encore améliorer les connaissances générées par notre analyse en intégrant un éventail encore plus large de pays européens. Un ensemble plus complet d’indicateurs de la médiation des relations entre les réalités collectives des identités nationales et les processus psychologiques des adolescents majoritaires et minoritaires qui adoptent l’identité nationale, auront également pour effet de contribuer à améliorer notre compréhension du rôle de la religion dans l’identification nationale en matière de Europe.

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